Ecosse Angleterre

Que d’eau, que d’eau !

Cette section est consacrée à notre superbe voyage en camping-car en Écosse et Angleterre. Partir en vacances en Grande-Bretagne, c’est prendre
le risque de passer des journées sous la pluie ! On voulait voir l’Écosse ! On l’a vue ! Humide ! Mouillée ! Trempée ! Détrempée ! Ruisselante !
Faudrait pas en rajouter non plus ! Sur 24 jours chez nos amis d’outre Manche, nous avons eu quatre à cinq jours de beau temps, quand même.
Pour le reste… Des heures moroses. Des paysages qui se diluent dans les nuages bas. Des tons grisâtres mélancoliques. Des horizons cafardeux d’où, seuls, parfois émergent les restes fantomatiques d’un château moyenâgeux
aux trois quarts détruit.
Faudrait pas en rajouter non plus ! Nous avons eu quatre journées de temps
magnifique, et quatre jours couci-couça : cinq ou dix minutes, je vois le soleil et le restant de l’heure, je peux aller me faire bronzer chez plumeau.
Qu’à cela ne tienne ! Nous avons partagé un très joli voyage un peu en Écosse, beaucoup plus en Angleterre. Ces pages « Écosse-Angleterre » sont là pour en témoigner et pour vous raconter toutes nos surprises, nos déconvenues, nos bonheurs, nos joies, nos difficultés avec la langue. On vous dit tout dans ces quelques pages.

Particularités

La conduite à gauche

Mais d’où vient cette idée saugrenue de rouler à gauche ?
La façon normale de rouler, c’est à droite ? Quand même ! Pour nous,
Français, c’est très simple, c’est notre Napoléon national, maître de l’Europe, qui a décidé de circuler à droite. Pourquoi ? Parce que traditionnellement, dans les batailles, la cavalerie attaquait le flanc gauche
de la cavalerie e n n e m i e ! Napoléon innove et attaque le flanc droit créant la surprise ! Étonnant, mais personne n’y avait pensé avant lui ! L’empereur remporte ainsi de nombreuses victoires, dont Austerlitz.
Alors la droite porte chance et Napoléon décide que, dorénavant, les cavaliers, les charrettes à foin et autres engins roulants emprunteront
la droite des c h e m i n s ! L’empereur a fait le choix pour tous ! Mais les
Anglais résistent toujours et ne sont pas vaincus ! Et donc, ils décident d’emmerder l’Empereur, en empruntant la gauche des voies de circulation
au Royaume-Uni et dans les colonies ! Pour avoir raison !

Drive on the Left B Ecosse Angleterre

Petite vanité : avoir raison contre l’Empereur ! Mais c’est d’un mesquin !

Les poids et mesures

Poids et mesures Ecosse Angleterre

Les longueurs
Sur la route, c’est pas trop compliqué ! Tu remplaces dans ta tête les kilomètres par les miles, tu te dis que c’est un peu plus grand que la moitié en plus, ou un peu plus petit que la moitié en plus et plus 10 %, et roule mimile ! Des fois, tu rencontres une pancarte un demi-mile, un quart de mile ! OK ! environ 800 ou 400 m ! Pas de problème non plus. Et soudain,
400 yards ! Et pourquoi pas des verges, des pans, des links, des toises ou des coudées ? Je râle, je râle, mais en fait c’est simple de passer des miles aux yards, il suffit de multiplier par 22,727 2 et de diviser par cent ! Ce qui revient, presque, à diviser par 2π ! CQFD.

Les largeurs
Pour les largeurs, les Anglais utilisent plus volontiers le pied et le pouce et pas le yard qui complique inutilement les choses. En effet, le yard vaut 3 pieds ou 36 pouces ! C’est quand même plus simple pour les divisions ! Mais sommes-nous plus avancés ? Car combien valent le pied et le pouce ? Et de quel pied parle-t-on ? Celui des dix pieds sous terre (0,324 m) ou bien celui de l’aviation (0,304 8 m) ? Toutes ces unités de mesure, c’est pas le pied ! Sauf pour la poésie, douze pieds… Je crois que je vais mouiller
là un pied d’ancre en prenant soin du pied du pilote, car je ne prends
pas mon pied dans cette histoire !

Les poids

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Là non plus, ce n’est pas très difficile ! Il suffit de retenir que dans un pound de 453,60 g se cachent 16 ounces de 28,35 g ! Enfin, c’est ce que je croyais !
Jusqu’au moment où, dans une douche de camping, une pancarte annonce que le siège pliant est limité à 18 stone ! 18 pierres ? 18 galets ? 18 noyaux ? De cerises ou de pêches ? L’eau coule sur mon dos. Je lis et relis la pancarte ! Si au moins elle montrait une image du caillou correspondant ! Jamais entendu parler de cette unité ! Elle vaut 6,35 kg ! Ben oui, je pouvais m’asseoir, n’en déplaise aux mauvaises langues ! C’est le risque insensé que j’ai pris !

Les volumes
Tout le monde connaît la pinte (56,83 cl) qui vaut une bonne vingtaine d’once (2,84 cl) ! Mais j’étais habitué aux pintes américaines de 47,32 cl qui
ne vaut qu’un peu moins de 16 onces (2,957 cl). Mais que dire du gallon de 4,55 l bien plus grand que le gallon américain de 3,79 l ! America great again ! Il faut changer ça, président Trump ! Les USA ne peuvent pas conserver un gallon inférieur à celui des Anglais ! Comment voulez-vous vous y retrouver dans tout ce méli-mélo d’unités ? Utilisons-nous encore le pouce, l’empan, le pied, la coudée, la toise ? Que nenni ! Alors ?

L'arrivée et la carte du périple

Dès notre débarquement du ferry, nous partons pour Sandwich. Malgré trois GPS à bord, nous finirons par nous perdre dans la campagne anglaise et ferons un énorme détour pour rejoindre Canterburry.

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Carte du périple

Sandwich et Canterburry

York

L’autoroute A1 que nous avons empruntée entre Canterbury et York est certainement la seconde route la plus périlleuse que j’ai pratiquée dans ma vie, après la panaméricaine, en Équateur, dans les années 90. La quatre
voies est une route épouvantable et horriblement dangereuse. Les poids lourds sont légion. Des tracteurs se baladent sur la route avec des engins de culture. Des piétons peuvent traverser la route ! Enfin, nous y parvenons sans encombre !
York a été l’une des villes les plus importantes d’Angleterre au Moyen Âge.
La cité a conservé de cette époque nombre de monuments, dont la cathédrale, le château, les remparts… Dans les années 1970, la cathédrale était en péril : les murs se lézardaient, des pierres se décalaient, les piliers de fondation se fissuraient. Des ingénieurs prouvèrent que ces piliers supportaient chacun 4000 tonnes ! Une injection massive de béton en sous-sol sauva l’édifice !

Mais elle a aussi gardé des lois étranges et toujours en vigueur. Ainsi un Écossais qui se promènerait dans l’agglomération avec arc et flèches pourrait être tué sur place, sans autre forme de procès. La tradition britannique de la common law, (jurisprudence) pourrait permettre
au meurtrier de cet Écossais imprudent, d’éviter toute condamnation, même si cette loi moyenâgeuse peut-être considérée comme tacitement abrogée.
Heureusement, nous n’avions avec nous ni arcs ni flèches et je n’avais pas mis de kilt et… nous parlions un anglais parfait !

Fountains Abbey

L’abbaye cistercienne de Fountains abbey, affiliée à celle de Clairvaux est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les vestiges sont grandioses et situés dans un cadre superbe. Les pièces d’eau ajoutent encore à la magnificence des lieux. La tour lanterne est une curiosité anglo-saxonne
qui ne se retrouve pas dans l’architecture des moines cisterciens bourguignons.
Les plus anciens vestiges datent du début du XIIe siècle. Certes, l’abbaye
est en ruines, mais elle conserve un charme intact notamment dans la partie du cloître.

Edinburgh

Avec 1406 heures d’ensoleillement par an, sur 8760 possibles, soit un petit 16 % du temps, il ne fallait pas s’attendre à bénéficier de ciels cléments plus d’une heure ou deux ! Nous avons donc fui rapidement la capitale écossaise. Inutile de préciser combien la forteresse de pierres établie sur son rocher paraît sinistre et lugubre sous la pluie, château inaccessible en raison d’une queue de touristes plus qu’imposante. La seule manière d’égayer une visite de la ville est de goûter aux différentes sortes de whisky qui permettent de réchauffer l’âme et le corps !

Hopetoun House

Nous avons aimé visiter cette très belle demeure. L’accueil des personnels
et des propriétaires d’Hopetoun n’y est pas pour rien ! Chaque personne,
chaque gardien de chaque pièce nous a facilité les prises de vue et surtout
nous a montré ce à côté de quoi nous étions en train de passer. C’est le
« bibliothécaire », vieux monsieur charmant, qui nous a guidés vers l’édition de Voltaire ou encore cette dame adorable et fort patiente qui nous indique où se trouve sa grand-mère sur une photographie ancienne. En prime, cette dame nous incite à regarder par la fenêtre et, pour nous,
uniquement pour nous, elle met en marche le jet d’eau afin que nous puissions le photographier ! Si nos pas nous conduisent à nouveau en Écosse, alors nous retournerons à Houpetoun House, mais par beau temps !

Inveraray

Sur la rive ouest du Loch Fyne, le village d’Inveraray semble dormir paisiblement. Nous arrivons le soir et bénéficions d’une lumière magnifique sur le château.

Le Loch'Ness

Route pour Glencoe, le long des lochs, sous un ciel gris, souvent pluvieux. Quelques pauses nous permettent de prendre quelques images et de faire des photos avec le drone a deux occasions. Beaucoup de vent et un peu d’instabilité. Le soir nous couchons à Fort-William. Nous appliquons notre plan pour profiter de la seule belle journée de beau temps samedi sur l’île de Skye. Puis, nous aviserons pour la suite car marre du froid et de la pluie ! Route entre Fort William et l’île de Skye avec un détour par le Loch’ Ness. Quelques belles images du château d’Urquhart Castle. Sur la route photo avec le drone de Elean Donan Castle, malheureusement toujours par une lumière des plus tristes.

Ile de Skye

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Un peu avant l’île de Skye, se dresse le magnifique château Eilean Donan Casstle

Jeux de lumières sur l’Inner Sound, le détroit entre l’île et la terre Portree, prinicipale ville et principal port de l’île de Skye Paysage aérien de l’Ecosse qui nous offre, pour une fois, un ciel bleu En pleine campagne, une cabine téléphonique trône, majestueuse L’île de Skye est un bijou. Les lumières y
sont sublimes pour peu que le soleil veuille jouer à cache-cache avec les
nuages. Bien évidemment, je n’ai pu m’interdire de faire une bourde monumentale ! Parvenus à Portree, le camping visé est fermé définitivement. Nous filons vers Dunvegan pour trouver un site complet. Toutefois, et alors que nous faisions demi-tour, la propriétaire nous rappelle, et nous réussissons à comprendre que des personnes ayant réservé, mais qui devaient arriver avant 20 heures, ne sont toujours pas là !
Nous pouvons bénéficier de leur emplacement. En me garant, et pour
m’éviter une manoeuvre supplémentaire, j’avance dans l’herbe. Le fourgon
enfonce ses roues avant, motrices, qui plus est, dans la tourbe jusqu’à un
tiers de hauteur ! Deux jeunes Français viennent immédiatement aider
Anne à pousser jusqu’à ce qu’un colosse britannique, chauffeur routier, place son dos contre la calandre du camion. Il saisit à pleine main le pare-chocs, soulève de toutes ses forces le camping-car et d’un signe de tête, m’invite à embrayer. En même temps, il s’arc-boute contre le camping-car qui, insensiblement, recule. Les jeunes qui s’étaient éloignés, reviennent
prêter main-forte. En quelques secondes, le véhicule retrouve la terre
ferme. Remerciements. Congratulations dans toutes les langues que nous connaissons. Le bonhomme s’en va tranquillement. De retour à la maison, nous lui avons adressé un tirage d’Eilean Donan Castle.
Une charmante lettre nous est parvenue par la suite.